Le manque d’eau potable est un souci de Hô Chi Minh-Ville. Les fleuves Dông Nai et Sài Gon sont menacés non seulement par les effets du changement climatique mais en outre par les eaux usées rejetées par les industries.
C’est pourquoi, la protection des ressources en eau doit être considérée comme une tâche prioritaire en vue de maintenir l’activité socioéconomique du Sud.
Selon le Service des ressources naturelles et de l’environnement de Hô Chi Minh-Ville, le niveau de la mer a tendance à augmenter en raison du changement climatique. Les études du Centre international de gestion de l’environnement (ICEM) montrent que 154 des 322 communes et quartiers de la mégapole du Sud sont victimes de l’inondation, ce qui représente 110.000 ha, perturbant directement la vie quotidienne de plus d’un million de personnes, soit 12% de la population. Ce chiffre serait en 2050 de 177 communes et quartiers, soit 61% de la superficie de la ville, et les arrondissements les plus touchés, les 3e, 5e, 6e, 7e, 8e et 10e, de Binh Chanh, ainsi que le district de Nhà Bè.
Nguyên Van Ngà, chef du bureau des ressources d’eau et des minerais, du Service des ressources naturelles et de l’environnement de Hô Chi Minh-Ville, indique que le changement climatique est la cause du manque d’eau pendant la saison sèche, auquel s’ajoute l’invasion de l’eau salée dans les terres fermes, préjudiciable à la production agricole et industrielle. Cette situation s’aggrave dans les 7e et 8e arrondissements ainsi que les districts de Nhà Bè et Cân Gio. En particulier, les remontées d’eau salée diminuent la qualité des nappes phréatiques comme souterraines.
D’après un représentant de la Compagnie d’approvisionnement en eau de la ville, en mars 2010, les usines d’eau de Tân Hiêp et de Thu Duc ont arrêté de fonctionner pendant trois heures chaque jour en raison d’une salinité trop élevée. Si cette situation se poursuit, cette année, la ville viendra certainement à manquer d’eau douce. Selon Pham Khôi Nguyên, ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, en dehors de ce problème, les ressources en eau des provinces de la zone économique de pointe du Sud sont également menacées par les déchets de la production industrielle et de la vie quotidienne. Le Département de contrôle de la pollution explique que 70 zones franches et industrielles situées le long du fleuve Dông Nai ne possèdent pas de système de traitement de leur eaux usées, de même que des milliers d’autres entreprises. Ainsi, chaque jour, ce sont des millions de mètres cubes d’eaux usées des industries comme des agglomérations urbaines qui vont directement dans les fleuves Sài Gon et Dông Nai et leur réseau de canaux et d’arroyos.
Réaménagement de l’exploitation des ressources en eau
Lors d’une réunion du Comité de protection du bassin du fleuve Dông Nai, Vo Quang Châu, directeur général adjoint de la Compagnie d’approvisionnement en eau de Hô Chi Minh-Ville, affirme que les eaux usées rejetées par le complexe de petite industrie artisanale ont menacé la qualité des eaux employées par l’usine d’eau de Tân Hiêp. Truong Khac Hoanh, directeur général adjoint de l’usine d’eau BOO Thu Duc, déclare que les eaux usées rejetées par plusieurs entreprises de Dông Nai et de Binh Duong ont eu des conséquences sur les élevages de poissons en radeau ainsi que sur la qualité des ressources en eau utilisées par cette usine.
Devant cette situation, Nguyên Van Ngà, chef du bureau des ressources naturelles et de l’environnement, souligne que la protection des ressources en eau doit être considérée comme une tâche de première priorité en vue de maintenir l’activité socioéconomique des 12 provinces et villes du Sud. C’est pourquoi il faut réaménager les ressources en eau pour l’agriculture, l’industrie et la vie quotidienne, notamment l’exploitation et l’emploi des ressources en eau des provinces traversées par les fleuves Dông Nai et Sài Gon, ainsi qu’appliquer des technologies de traitement des eaux plus modernes…
Le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement affirme qu’il sanctionnera plus rigoureusement les entreprises et zones industrielles qui n’ont pas de système de traitement, et qu’il demandera aux provinces d’achever la délocalisation des entreprises pollueuses.
(Source : Le courrier du Vietnam)






